La vitamine D3, ou cholécalciférol, est la forme de vitamine D que la peau fabrique au soleil et celle que contiennent la plupart des compléments. Elle contribue à l'absorption du calcium et au maintien des os, des dents et des muscles. Un adulte en a besoin de 15 µg (600 UI) par jour selon l'EFSA, sans dépasser 100 µg (4 000 UI), et le meilleur moment pour la prendre est un repas qui contient des graisses. Voici ce que disent vraiment les études, sans promesse en trop.

Vitamine D3 : c'est quoi exactement ?

La vitamine D existe sous deux formes principales. La D2, ou ergocalciférol, vient surtout de certains champignons. La D3, ou cholécalciférol, est produite par la peau sous l'effet des rayons UV du soleil ; on la trouve aussi dans les aliments d'origine animale, comme les poissons gras, les huiles de foie de poisson et le jaune d'œuf. Les deux formes ne diffèrent que par une petite partie de leur structure.

Quelle que soit son origine, la vitamine D reste inactive tant que le corps ne l'a pas transformée deux fois. Le foie en fait d'abord la 25-hydroxyvitamine D, notée 25(OH)D : c'est elle que mesure la prise de sang, et c'est le meilleur reflet de vos réserves. Les reins produisent ensuite la forme active, le calcitriol.

Pourquoi les compléments misent-ils sur la D3 ? Les deux formes corrigent le rachitisme, mais la D3 fait monter davantage le taux sanguin de 25(OH)D, selon la synthèse des NIH américains. Côté étiquette, les doses s'écrivent en microgrammes (µg) ou en unités internationales (UI), avec une règle simple : 1 µg = 40 UI, donc 25 µg = 1 000 UI.

Vitamine D bienfaits : ce qui est prouvé et ce qui ne l'est pas

Ce qui est établi

La fonction principale de la vitamine D est d'augmenter le calcium et le phosphore dans le sang, explique l'ANSES. Elle contribue ainsi à la minéralisation des os, des cartilages et des dents, à une contraction musculaire efficace, à une bonne transmission nerveuse et à une coagulation normale. Elle participe aussi à la différenciation et à l'activité des cellules du système immunitaire.

L'inverse le montre bien : une carence sévère et prolongée empêche les os de se minéraliser. C'est le rachitisme chez l'enfant, avec des os mous et déformés, et l'ostéomalacie chez l'adulte, avec des douleurs osseuses et une faiblesse musculaire (NIH).

Ce que les grands essais n'ont pas confirmé

Chez des adultes qui ne manquent pas de vitamine D, les promesses vont souvent plus loin que les preuves. Dans l'essai américain VITAL, 25 871 adultes ont pris 2 000 UI de D3 par jour ou un placebo pendant 5,3 ans en médiane. Les taux de cancers du sein, de la prostate et colorectal n'ont pas différé entre les deux groupes, et les infarctus comme les AVC n'ont pas diminué. Dans ce même essai, le risque de fracture n'a pas baissé. Pour les chutes après 65 ans, le groupe d'experts américain USPSTF conclut que la supplémentation n'en réduit pas le nombre. Enfin, les essais n'ont pas trouvé d'effet sur les symptômes dépressifs.

Ces essais portaient sur la population générale. Ils ne disent pas qu'il est inutile de corriger une vraie carence : cela reste une décision médicale, fondée sur vos symptômes et, si besoin, sur une prise de sang.

En 2024, après avoir passé en revue ces travaux, l'Endocrine Society ne suggère une supplémentation sans dosage préalable que pour quelques groupes : les enfants et adolescents de 1 à 18 ans, les femmes enceintes, les adultes de 75 ans et plus, et les personnes ayant un prédiabète à haut risque. Pour les autres adultes en bonne santé, elle conseille de s'en tenir aux apports recommandés.

Besoins en vitamine D3 selon l'âge

Âge Apport de référence par jour Limite de sécurité par jour
0 à 6 mois 10 µg (400 UI), repère des NIH 25 µg (1 000 UI)
7 à 11 mois 10 µg (400 UI) 35 µg (1 400 UI)
1 à 10 ans 15 µg (600 UI) 50 µg (2 000 UI)
11 à 17 ans 15 µg (600 UI) 100 µg (4 000 UI)
Adultes 15 µg (600 UI) ; 20 µg (800 UI) après 70 ans selon les NIH 100 µg (4 000 UI)
Grossesse et allaitement 15 µg (600 UI) 100 µg (4 000 UI)

Apports de référence de l'EFSA, sauf mention contraire ; limites de sécurité de l'EFSA.

Ces apports supposent une peau qui fabrique peu de vitamine D, précise l'EFSA. Si vous vous exposez assez au soleil, vos besoins venant de l'alimentation sont plus faibles, voire nuls. L'EFSA retient comme objectif un taux sanguin de 50 nmol/L de 25(OH)D, soit 20 ng/mL. La limite de sécurité, elle, s'entend tous apports confondus : aliments enrichis, multivitamines et compléments s'additionnent.

Soleil, assiette ou complément : d'où vient votre vitamine D au Maroc ?

Le soleil, première source, mais pas pour tout le monde

Le soleil ne manque pas au Maroc, et pourtant les études y trouvent beaucoup de taux bas. À Rabat, entre juin et septembre 2010, 85,3 % de 178 femmes ménopausées avaient moins de 30 ng/mL de 25(OH)D, et 51,6 % moins de 10 ng/mL. En plein été, donc. Le seuil de 30 ng/mL utilisé par les auteurs est plus exigeant que celui de l'EFSA et des NIH (20 ng/mL), mais un taux inférieur à 10 ng/mL correspond à une carence franche, quel que soit le référentiel.

La peau ne fabrique de la vitamine D que si elle reçoit vraiment les UVB. Les vêtements couvrants, la vie en intérieur et le soleil pris derrière une vitre, que les UVB ne traversent pas, réduisent fortement la production. La peau foncée et l'âge la diminuent aussi. Nous détaillons les durées d'exposition utiles et l'analyse de sang dans notre article sur la carence en vitamine D.

L'assiette : utile, rarement suffisante

Aliment Portion Vitamine D
Huile de foie de morue 1 cuillère à soupe 34 µg (1 360 UI)
Saumon rouge cuit 85 g 14,2 µg (570 UI)
Sardines à l'huile en conserve, égouttées 2 sardines 1,2 µg (46 UI)
Œuf 1 gros œuf 1,1 µg (44 UI)
Thon au naturel en conserve 85 g 1 µg (40 UI)
Foie de bœuf braisé 85 g 1 µg (42 UI)

Teneurs publiées par les NIH (tables américaines).

Le constat est clair : avec deux sardines ou un œuf, on reste loin des 15 µg du jour. L'huile de foie de morue est la grande exception, avec ses propres précautions, que nous expliquons dans notre article sur l'huile de foie de morue. Au Maroc, la plupart des huiles de table et des margarines sont enrichies à 7,5 µg de vitamine D pour 100 g. Cela n'empêche pas les apports d'être faibles : chez 355 femmes de Meknès, l'apport alimentaire médian n'était que de 2,89 µg par jour.

Le complément, quand le soleil et l'assiette ne suffisent pas

Pour une personne qui sort peu, couvre sa peau ou a un risque particulier, un complément est le moyen le plus simple d'atteindre ses apports. Les produits vendus au Maroc vont de 200 à 50 000 UI par unité : nous avons relevé leurs prix et calculé le coût par dose dans notre article sur le prix de la vitamine D au Maroc.

Quand prendre la vitamine D3 : repas, heure et rythme

Pendant un repas qui contient des graisses

La vitamine D se dissout dans les graisses, et leur présence dans l'intestin améliore son absorption. Un essai l'a mesuré chez 50 adultes âgés en bonne santé : la même dose prise avec un repas contenant des graisses a donné un pic de vitamine D dans le sang supérieur de 32 % à celui obtenu avec un repas sans graisses. Concrètement, prenez-la au déjeuner ou au dîner, avec un tajine, une salade à l'huile d'olive, des œufs ou du poisson, plutôt qu'avec un verre d'eau le matin à jeun.

Matin ou soir ?

Aucune des sources officielles que nous avons consultées ne fixe d'heure. Le plus simple est de l'associer à votre repas le plus copieux, toujours le même, pour ne pas l'oublier. Si vous prenez plusieurs compléments, gardez le même réflexe pour tous et notez-les quelque part.

Une petite dose chaque jour plutôt que de grosses doses espacées

Après 50 ans, quand un complément est justifié, l'Endocrine Society préfère une petite dose quotidienne à des doses élevées espacées. C'est aussi la façon la plus simple de rester sous la limite de sécurité. Les fortes doses hebdomadaires ou mensuelles existent, mais elles relèvent d'une prescription.

En hiver seulement ?

Pas forcément. Au Maroc, les taux bas s'observent aussi en été, comme le montre l'étude de Rabat. Ce qui compte, c'est votre exposition réelle au soleil tout au long de l'année, bien plus que la saison.

Qui a intérêt à prendre de la vitamine D ?

Les NIH listent les personnes les plus exposées à un manque : les bébés nourris au sein, les personnes âgées, dont la peau fabrique moins de vitamine D avec l'âge, celles qui s'exposent peu au soleil ou portent des vêtements couvrants pour des raisons religieuses, les peaux foncées, les personnes en obésité ou opérées d'un bypass gastrique, et celles qui absorbent mal les graisses à cause d'une maladie digestive (maladie cœliaque, maladie de Crohn, rectocolite hémorragique, certaines maladies du foie).

S'y ajoutent, selon l'Endocrine Society, les enfants de 1 à 18 ans, les femmes enceintes et les plus de 75 ans. Pour un enfant ou pendant une grossesse, c'est le médecin ou la sage-femme qui choisit le produit et la dose. Pour les nourrissons, l'ANSES recommande de privilégier un médicament prescrit plutôt qu'un complément, après des cas de surdosage.

À l'inverse, pour un adulte en bonne santé de moins de 75 ans qui s'expose un peu au soleil et mange du poisson, aller au-delà des apports recommandés n'a pas montré de bénéfice.

Précautions : dose maximale, surdosage et interactions

Chez l'adulte, la limite de sécurité de l'EFSA est de 100 µg (4 000 UI) par jour, tous apports confondus ; elle est de 50 µg (2 000 UI) entre 1 et 10 ans. Les NIH rappellent que l'intoxication à la vitamine D vient presque toujours des compléments, et non d'un excès de soleil.

Le surdosage fait monter le calcium dans le sang. Les signes à connaître : nausées, vomissements, faiblesse musculaire, soif intense, déshydratation, calculs rénaux, et, selon l'ANSES, maux de tête, perte de poids et fatigue intense. Dans les formes graves, les reins et le cœur sont atteints.

Les NIH signalent des interactions avec quatre familles de médicaments : parlez-en à votre médecin ou à votre pharmacien si vous en prenez. Les diurétiques thiazidiques, associés à la vitamine D, peuvent provoquer une hypercalcémie. Les corticoïdes réduisent l'absorption du calcium et perturbent le métabolisme de la vitamine D. L'orlistat, un médicament contre l'obésité, diminue son absorption. Enfin, la vitamine D à forte dose pourrait réduire l'efficacité de certaines statines (atorvastatine, lovastatine, simvastatine).

Pensez aussi aux cumuls : un multivitamine, de l'huile de foie de morue et un complément de D3 s'additionnent.

Comment choisir sa vitamine D3

Sur l'étiquette, cherchez la mention D3 ou cholécalciférol, une dose par unité clairement indiquée en µg et en UI, et une dose conseillée qui reste sous 4 000 UI par jour. Les produits à 5 000, 10 000 ou 50 000 UI par unité ne conviennent pas à une prise quotidienne sans suivi médical. Pour les réflexes d'achat (vendeur, étiquette, numéro d'enregistrement), reportez-vous à notre guide des compléments alimentaires au Maroc.

Les associations avec la vitamine K2 sont à la mode et plus chères. Nous avons examiné ce qu'elles apportent réellement dans notre article sur le duo D3 et K2.